• Guillaume Picard

Ne faites pas comme les autres

Être plus original pourrait vous rapporter...

La première chose à développer lorsqu'on décide d'être enfin soi-même, c'est de reconnaître ses goûts, ses intérêts et ses objectifs personnels, une tâche parfois compliquée, surtout si on est du type à se fier à la moyenne ou au regard des autres. En effet, comment savoir si ce que l'on aime n'est pas seulement une copie?


Dernièrement, j'ai croisé une personne  qui m'a confié devenir rouge de gêne chaque fois qu'on lui demandait ses préférences, car elle ne savait jamais quoi répondre, simplement parce qu'elle avait toujours fait les choses pour son mari. Bon, je vous l'accorde, c'est un peu extrême, mais n'est-ce pas révélateur d'un certain mal-être collectif?


Toute notre vie, on nous répète que penser à soi, c'est égoïste, c'est narcissique, c'est mal... Le résultat, c'est qu'on s'évite au point de ne plus savoir qui l'on est, parce qu'à force de pratiquer l'altruisme sans borne, on devient l'autre. Gros problème... qui ne date pas d'hier.


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Pourquoi je vous parle de cela dans un contexte professionnel? Parce que c'est directement lié à l'ennui, à la démotivation, au manque de créativité et d'originalité, au désintéressement, à la désinvolture, bref à votre réponse lorsque quelqu'un vous posera la fameuse question: «aimes-tu ton travail?». Un comptable peut faire sa job avec originalité, mais il peut aussi s'en tenir à ce qu'on lui demande, sans créativité, sans y mettre du sien. Je ne parle pas ici d'être extraverti en se mettant du bleu à lèvre et d'accompagner ses rapports comptables de dessins multicolores, mais plutôt de faire les choses à sa manière, de prendre des décisions intrinsèques, de s'exprimer davantage dans le but d'optimiser les choses, de se valoriser soi-même en écoutant cette petite voix intérieure si fréquemment refoulée.


Bien entendu, il y a une manière de s'exprimer et d'être original sans se pénaliser soi-même. Et j'ajouterais qu'il y a une manière de faire qui améliore aussi l'entreprise (appropriation dans son propre intérêt). Et pour ceux qui comparent leurs tâches professionnelles à de la robotisation, je réponds qu'il y a une façon d'être un robot constant et efficace en lui donnant sa propre teinte et à permettre à cette dernière de changer à tout moment. À quoi ça sert de faire cela? À quoi ça sert d'être soi-même? D'abord à prévenir la fadeur ou la dépression, ensuite à exprimer qui l'on est, en proposant de nouvelles idées qui adapteront les choses pour le mieux -- d'ailleurs les cadres seraient surpris de savoir le nombre de solutions qui dorment dans la tête des employés et qui ne sont jamais exploitées. Et croyez-moi, cela, les entreprises en ont grandement besoin, tout comme les individus qui y travaillent.

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